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UR 088 « SETLAS : Sociétés-Environnements sur le Temps Long en Afrique Septentrionale. »

Thème : Le peuplement des vallées soudaniennes: contextes historiques et contraintes environnementales.

Rédacteurs : Frédéric Paris, Ives Bambara.


red.gif (359 octets) Unité, thème et résumé du thème de recherche
red.gif (359 octets) Identification du Programme
red.gif (359 octets) Participants
red.gif (359 octets) Problématique et objectif
red.gif (359 octets) Partenaires
red.gif (359 octets) Formation
red.gif (359 octets) Bibliographie
red.gif (359 octets) Présentation partielle en diaporama du SIG « Les vallées interdites »

1 - Unités, thème et résumé de thème de recherche

UR 088 « SETLAS : Sociétés-Environnements sur le Temps Long en Afrique Septentrionale. »

Thème : Le peuplement des vallées soudaniennes: contextes historiques et contraintes environnementales.


2- Identification du Programme

1.1 Intitulé
Les vallées interdites
: la sanctuarisation des espaces périfluviaux en zone soudanienne.
Le cas du bassin de la Bougouriba au Burkina-Faso.

1.2 Mots clés:
 Peuplement, migrations, ethnohistoire, systèmes agraires, environnement, risque sanitaire, archéologie, géographie culturelle.

1.3 Localisation géographique:
La zone soudanienne au sud-ouest du Burkina Faso: la vallée de la Bougouriba, affluent de le rive droite du fleuve Mouhoun.

1.4 Calendrier:
Phase de terrain: juillet 2001 à décembre 2004. Base de l'étude: antenne IRD de Bobo Dioulasso 01 BP 171 Burkina Faso.

3- Participants

Frédéric Paris, géographe de l'IRD, Bobo Dioulasso.

Evariste Poda, anthropologue INSS, Ouagadougou.

Ives Bambara, infographiste à l'IRD, Bobo Dioulasso

Kpiele Kambouele Théodore, instituteur et alphabétiseur, ex-Commission nationale de la langue dagara, Diébougou.  

   

4- Problématique et objectif

" En fait, si depuis 1950, tous les auteurs s'accordent pour parler de dépeuplement des vallées des bassins des (ex) Volta, aucun n'apporte une réponse satisfaisante aux interrogations nées de cet
état de fait géographique." p 31

                                                                       J.P Hervouët , 1990.Le mythe des vallées                                                                                              dépeuplées par l'onchocercose: mais quelle                                                                                          mouche les a donc piqués? Cahiers GEOS n°18

 

            La zone de climat soudanien - de 600 à 1200 mm de pluie annuelle- qui s'étend en
bande horizontale du Sénégal à l'Ethiopie se caractérise par un sous-peuplement chronique
des abords des vallées majeures. Depuis les indépendances, chaque pays concerné a prôné une
politique d'aménagement du territoire qui vise à transférer des populations de zones

d' interfluves surpeuplées et surexploitées - le Plateau Mossi au Burkina Faso, les Monts
Mandara et le Diamaré au Nord-Cameroun par exemple- vers ces dernières réserves de terres arables.

            Pour ce faire, il convenait préalablement de neutraliser les grandes endémies inféodées
aux galeries forestières tenues a priori  pour responsables de ces "dépressions"
démographiques. De 1925 à 1950 les équipes mobiles de dépistage et de soins initiées
par le  Dr. E.Jamot vinrent à bout des meurtrières épidémies de trypanosomiase humaine
en AEF et AOF. L' onchocercose a fait ensuite l'objet d'une lutte antivectorielle continue
(projet OCP/OMS) de 1974 à 1990 - par épandages de larvicides sur les gîtes
à simulies-suivie actuellement d'une distribution annuelle massive d'un antiparasitaire: l'Ivermectine.

L' intensité de la transmission est donc réduite à un seuil tolérable aujourd'hui mais qu' en sera t- il dans l'avenir ? L'arrêt des traitements larvicides depuis 10 ans signifie le retour des simulies vectrices dans les aires protégées à grand prix: elles y trouvent un réservoir humain de parasites, certes considérablement diminué, constitué par les 40 % des personnes échappant aux distributions annuelles; ajoutons à cela que le front des cultures s'est considérablement rapproché des cours d'eau depuis 25 ans, les campements de cultures dispersés en nébuleuse ayant tendance à se pérenniser. Il n' est donc toujours pas acquis que l' onchocercose ne refera pas parler d' elle dans la ou les décades à venir. Le programme OCP sera achevé en 2002,  la surveillance de cette endémie au Burkina Faso sera dévolue à la Division de Médecine Préventive dépendant du Ministère de la Santé.

            La reviviscence contemporaine des foyers de trypanosomiase depuis la Côte d'Ivoire jusqu'en Ouganda en passant par le Tchad et le Soudan, montre clairement que les déterminants structuraux de ces flambées, tant bio-médicaux que comportementaux sont encore efficients. Les épidémies sporadiques mais récurrentes de fièvre jaune en Afrique de l'Ouest relèvent du même constat, la couverture vaccinale étant encore insuffisante: les populations à risque élevée y échappent généralement, par exemple les éleveurs  peuls nomades plus exposés aux galeries forestières qui abritent à la fois le moustique vecteur Aedes aegypti et le singe pata, réservoir du virus amaril.

            Nous rappelons que le Programme de lutte contre l'Onchocercose réalisé sous l'égide de l'OMS avait suscité bon nombre de recherches sur les dynamiques de peuplement des vallées des ex-Volta Blanche, Rouge et Noire, en relation avec leur "sous-peuplement".

L' Orstom - devenu Institut de Recherche pour le Développement en 1999- avait alors mobilisé successivement, de 1968 à 1981, plusieurs géographes sur ce thème: G.Rémy, J.P.Lahuec, J.Y.Marchal, J.P.Hervouët, F. Paris. Ces travaux aboutirent à diverses conclusions selon les biefs étudiés. Elles attribuèrent une part de responsabilité des grandes endémies très disparates et divergentes. Ainsi G.Rémy titrait en 1982 "A chacun son onchocercose?" en guise de synthèse sur le sujet. Plusieurs versions s' opposèrent pour expliquer les mouvements d'abandon des villages riverains observés lors de la période coloniale. De 1900 à 1945, les administrateurs et médecins accusaient principalement la maladie du sommeil et la fièvre jaune qui décimaient périodiquement les populations. De 1950 à 1970, c' est l' onchocercose qui fut incriminée principalement: une fois la maladie du sommeil vaincue, les effets démographiques et économiques dévastateurs de la cécité étaient alors jugés intolérables pour un habitat durable. Au Ghana, dans le bassin des Volta Blanche et Rouge, les auteurs Waddy (1949) et Morris (1952) accusent sans nuances la parasitose de leur choix: respectivement la trypanosomiase et/ou l' onchocercose. Hilton (1968) souligne le rôle néfaste de l'exode rural depuis 1948: l'association de la trypanosomiase et de l'onchocercose affaiblit les populations restantes, mais sont jugées facteurs secondaires dans le  processus d' émigration socio-économique. Hunter (1966),toujours au Ghana, étudie les mouvements de front de peuplement et décèle des phases d'habitat cycliques, rendues possible en raison de "l'oubli" par les populations des épisodes de maladie du sommeil pourtant si meurtriers. Le terrain voltaïque de Rémy (1968) se situant en zone de méso-endémicité, celui-ci minimise le rôle de l'onchocercose dans le recul du front de peuplement: ce serait l' hostilité et l'insalubrité de la brousse en général - les dégâts occasionnés aux cultures par la faune sauvage et la nuisance des mouches piqueuses- qui seraient responsables du retrait des vallées. Rolland et Ballay (1969), avancent que les contraintes de la politique coloniale - prestations de travail, cultures de rente imposées, impôts- ont provoqué un mouvement de repli-refuge vers les vallées les plus inaccessibles ou la fuite massive vers la Gold Coast où sévissait alors la trypanosomiase. Ce peuplement de circonstance fut suivi quelques années plus tard d'un abandon et du repli vers les villages d'origine, consécutif à l'assouplissement des contraintes coloniales en Haute-Volta: cet exode ghanéen a contribué à l' aggravation considérable de l' endémicité onchocerquienne par abaissement des densités humaines non- émigrées; les mouvements intenses et incontrôlés des populations sont sans doute à l'origine des épidémies de trypanosomiase de 1925 à 1935. Cette thèse est soutenue par Lahuec (1982). Marchal (1979), réalisant une synthèse de la controverse ne tranche pas en faveur d'une version particulière.

 L' OMS, pour justifier la réalisation d'u projet O.C.P - Onchocerciasis Control Program-  s'appuiera sur la thèse de Waddy (1969), attribuant à cette endémie cécitante la responsabilité de la désertion des vallées, en contradiction avec ces écrits précédents qui incriminaient la trypanosomiase. Enfin c'est au tour d' Hervouët (1990) d' écrire: "Les divers états de peuplements des vallées soudaniennes et leurs dynamiques pourraient être, pour le moins, dans la dépendance d'un triptyque interactif constitué des systèmes d'occupation de l'espace, de la trypanosomiase et de l'onchocercose. La récente  épidémie de fièvre jaune dans les vallées burkinabé, en 1983, suggère que cette dernière parasitose pourrait se joindre aux autres" Et de conclure: "Sans doute faudrait t'il, pour répondre scientifiquement à l'interrogation née du phénomène géographique majeur que constitue le vide humain de nombreuses vallées soudaniennes, faire simplement, ...de la géographie."

            Et c'est précisément ce que nous entendons faire en élargissant l' approche environnementale et comportementale au champ d' investigation de la géographie culturelle.

 

Pour une approche géographique renouvelée: les questions restées sans réponses à ce jour:

            Plusieurs rapports d'évaluation de l'impact socio-économique et démographique du projet interpays OCP (CICRED, 1996) ont souligné l'absence paradoxale d'une implantation spontanée de nouveaux villages dans les vallées débarrassées du fléau des grandes endémies, malgré les campagnes d'information  et de sensibilisation des populations. "On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif", me résumait oralement René Le Berre, un des concepteurs du projet OCP, tout marri que l'investissement humain et financier considérable qui fut déployé sur 25 années ne soit pas suivi du développement escompté par les aménageurs du territoire. C'est justement pour élucider cette réticence fondamentale à habiter les vallées - l' extension des champs de brousse et l'exploitation extractiviste des ressources giboyeuses et ligneuses étant par ailleurs plus intensives- que nous proposons une tout autre hypothèse de travail.

            Nous sommes convaincus aujourd'hui que la formulation initiale de la problématique ne pouvait aboutir qu'à une impasse conceptuelle, dès lors qu'elle s'appuyer sur le postulat suivant: le sous-peuplement chronique correspondait à une anomalie et les grandes endémies avaient eu peu ou prou raison d'une intention répétée de peuplement des rives. Autrement dit l'implantation préférentielle de l'habitat était forcément supposée se situer à proximité du réseau hydrographique principal. La conception "européenne" qui associe la vallée à l' eau et à la fertilité des terres, autant de facteurs attractifs, a été attribuée de facto à des sociétés qui s'avèrent ne pas partager cet axiome "universel". L'approche déterministe trop exclusive des chercheurs a fait totalement l'impasse des conceptions/perceptions culturelles et religieuses de l'environnement. Cette restriction du rôle des acteurs aboutissaient aux conclusions divergentes des études précitées qui se limitaient à une restitution des conséquences démographiques de l'histoire événementielle des régions étudiées  ou/et à une énumération graduée des contraintes de l'environnement (sanitaires, pédo-agronomiques, faunistiques)

            La construction religieuse de l'espace rural- du terroir au territoire-

jouent un rôle fondamental  dans la structuration et la mobilité de l'habitat. J'opte ainsi pour l'inversion de la question initiale: mon hypothèse est que le sous-peuplement des vallées serait délibéré et émanerait de conceptions eschatologiques des sociétés qui se rattachent culturellement à l'aire mandé pour ce qui concerne notre terrain d'étude.  Les anthropologues - entre autres auteurs citons Capron, 1973, Cartry, 1979, Augé, 1984, Izard, 1985, Calame-Griaule, 1987- ont décrit la catégorisation dichotomique de l' espace en une aire domestique féminine - l' espace résidentiel de reproduction- opposée à l'aire sauvage masculine - la "brousse"- domaine des puissances surnaturelles, des génies et des ancêtres. Les conceptions géo-symboliques régissent en partie les choix des implantations préférentielles des villages. Les cours d'eau des vallées majeures sont considérés à la fois comme matrice de la vie et réceptacle des âmes pré et post mortem. Leur sanctuarisation confère une réelle territorialité à la fois aux ancêtres, mais aussi aux génies précurseurs de l'Humanité, ainsi qu'aux divinités des terroirs qui servent d'intermédiaires et de messagers entre les vivants et les défunts en attente d'ancestralisation (de Surgy, 1983) .

            Les systèmes nosologiques et étiologiques qui fondent les pratiques thérapeutiques traditionnelles sont aussi à considérer: comment prétendre expliquer objectivement les réponses et les réactions spatiales des populations exposées aux endémies sans rien comprendre des représentations qu'elles ont élaborées à leur sujet?

            Il a souvent été rapporté que le rôle vecteur de parasites des insectes impliqués -la glossine, la simulie, le moustique- n' était pas inscrit dans le savoir empirique des populations exposées. Mais cela n'empêche pas que certains symptomes/syndromes cliniques propres à la trypanosomiase, à l' onchocercose et la fièvre jaune sont associés à la fréquentation d'une catégorie de lieux habités de génies noirs des rochers ou des nains rouges - responsables des "maladies des arbres"- ou encore aux génies blancs des rivières. Ainsi les Dagara riverains de la Bougouriba attribuent le surnombre d'aveugles aux survols nocturnes d'un" Serpent Géant"- symbolisé par le brouillard matinal qui suit le tracé sinueux de la rivière Bougouriba- qui pulvérise des gouttelettes de rosée cécitantes sur les villages riverains. Cette interprétation poétique s'il en est localise bien un lieu de contraction d'un symptôme- vallée=cécité- et atteste aussi le caractère cumulatif et progressif de son acquisition.

            Il reste à vérifier que l'effroyable mortalité causée par les flambées de trypanosomiase et de fièvre jaune -au cours de la première moitié du 20ième siècle- a été mise en rapport avec la promiscuité des galeries forestières des vallées: au fil du temps il se serait constitué une sorte de tabou concernant l'implantation d'un habitat riverain. La pratique du culte des mânes des ancêtres sur plusieurs générations contredit la théorie précitée de" l'oubli" des hécatombes passées. La crainte des ancêtres - demeurant juges du comportement des vivants-  est permanente car ils sont parfois désignés être à l'origine de certaines maladies et d' autres calamités. Opportunément, l'inoccupation de leur sanctuaire périfluvial constituait une prévention épidémiologique efficace: l'éloignement de l'habitat, associé au maintien de la grande faune aux abords des galeries forestières confinait les insectes hématophages à ce biotope puisqu'ils y trouvaient nourriture. Cet effet réducteur du contact entre l' homme et les mouches tsé-tsé avait d' ailleurs motivé la création des réserves de faune au milieu du siècle par les autorités coloniales.

            En résumé, nous retenons que l' entité géographique de la vallée boisée est associée à la notion de danger : elle est antinomique du sommet de l'interfluve cultivé, anthropisé et donc sécurisé. Une zone intermédiaire"tampon" est dès lors volontairement maintenue entre ces deux pôles: elle correspond aux champs de brousse itinérants et temporaires. Cette zone de transition parallèle au réseau hydrographique est désertée par l'habitat: l'absence de villages et le maintien de la végétation arborée autorisent le maintien des ressources en viande de gibier, en bois de chauffe et en produits de cueillette. Une complémentarité nutritionnelle essentielle aux cultures céréalières et légumineuses de l'aire péridomestique était donc assurée par ce système bipolaire de gestion des ressources, qui palliait ainsi l'absence d'un élevage bovin à vocation laitière et carnée.

            Il reste à savoir si ce système de gestion des vallées est le résultat d'une adaptation-réponse aux risques sanitaires encourus: les nombreux sites de villages abandonnés aux abords de la Bougouriba sembleraient indiquer que oui. Notre objectif est donc de réaliser l'inventaire exhaustif des sites d'habitat afin de dégager une typologie de leur dynamiques d'installation. Dans une première phase, nos investigations porteront sur la période historique qui correspond à l'arrivée des populations en place (depuis le milieu du 18ième siècle). Une collaboration à venir avec les archéologues permettrait d'approfondir la réflexion: compte tenu des variations climatiques sensibles qui ont affecté ces latitudes sur le temps long, il est possible que d'autres conditions environnementales et donc sanitaires aient pu permettre d'autres configurations du peuplement.

 

Présentation du chantier géographique et des thèmes de recherches abordés: l' échelle

d'observation sera micro-régionale et correspondra à la linéarité hydrographique de la rivière Bougouriba, affluent majeur de la rive droite du Mouhoun (ex-Volta Noire). L'enquête concernera prioritairement les villages riverains situés en première ligne sur une profondeur d'une dizaine de kilomètres de part et d'autre du lit majeur.

Trois axes de recherche seront menés au cours de la période  2001-2004.

           

4.1      Etude rétrospective des dynamiques de peuplement de la vallée de la Bougouriba de la fin du 18ième siècle à nos jours.

La plupart des ethnies concernées (Dyan, Lobi, Dagara lobr et wiilé, Birifor) sont arrivées par vagues successives du Ghana en franchissant le Mouhoun dès 1750.

Ojectifs et produits attendus:         

- inventaire descriptif des villages abandonnés depuis le 18ième siècle: toponymie, nombre de concessions, semis de l'habitat, couvert végétal relique.

- reconstitution historique du processus d'abandon, analyse des causalités énoncées et/ou induites.

- cartographie des tracés des parcours migratoires au Burkina Faso et au delà au Ghana.

- organisation territoriale des zones "ethniques", incluant l'histoire des conflits territoriaux (constitution chronologique du réseau des chefferies de terre).

- inventaire non exhaustif des sites plus anciens, voire préhistoriques.

 

Méthodologie: prospection et recensement direct des sites d'habitat et localisation au GPS, afin de constituer une base SIG (Système d'Information Géographique). Entretiens semi-directifs (guide questionnaire enregistré) auprès des autorités villageoises responsables (chefs de terre, doyens lignagers, notables).

 

 

4.2      Etude des concepts et logiques culturelles qui sous-tendent:

 

-  la construction religieuse à l'échelle du terroir jusqu'au territoire ethnique: catégorisation géoculturelle d'ensembles physionomiques tenant compte de l'orographie, de la géomorphologie, des sols, du végétal, des différentes formes de vie surnaturelle associées. Restitution schématique du réseau des lieux de cultes selon leur importance et leurs articulations locales et régionales (collines, grottes, gués, mares, puits etc…).

- la structure résidentielle:  logiques des sites préférentiels d'implantation et de répartition des villages (piémont, sommets d'interfluves, tête de thalweg...), logiques d'expansion, architecture symbolique des maisons, anthropomorphisme des terroirs. 

- la morphologie du parcellaire:  distribution/emplacement et formes des champs: en lanières régulières et jointives exclusivement chez les Dagara par exemple, en "patates"et dispersés chez les Lobi.

- la perception religieuse du réseau hydrographique et des galeries forestières attenantes: collecte et analyse sémantique des noms des biefs de la Bougouriba et des affluents secondaires. Etude des cultes de fécondité liés à l'eau des rivières et des mares (établissement de liens génésiques présupposés).

- la représentation des maladies: nosologie et étiologie des maladies, savoir et pratiques thérapeutiques des tradipraticiens.         

           

4.3      Etude du risque sanitaire associé à la vallée/galerie forestière: endémies à vecteurs sylvicoles ( trypanosomiase, onchocercose, fièvre jaune)

 

Objectifs et produits attendus:       

-Historique des épidémies de trypanosomiase, de fièvre jaune et évolution de l'onchocercose au cours du 20ième siècle.

-Impact/efficacité des luttes et attitudes contemporaines des populations face à ces pathologies historiques. 

-Perspectives concernant l'évolution des risques endémiques encourus, en relation avec l'extensification des systèmes d'occupation de l'espace depuis 1950.

Méthodologie:

Les archives  médicales de l'ex l'OCCGE consultables au Centre Muraz à Bobo Dioulasso permettront de retracer l'expression et l'évolution par secteur géographique de l'épidémie de maladie du sommeil. L'analyse détaillée des données médicales du Programme de Lutte contre l'Onchocercose -suivi épidémiologique de villages sentinelles depuis 1974- permettra de mesurer si le recul des niveaux d'endémicité des villages-témoins de la Bougouriba fut semblable d'un système d'occupation de l'espace à l'autre.

 

4.4      Restitution et valorisation de l'étude au travers d'un SIG (Système d'Information Géographique) intitulé: "les vallées interdites: le peuplement du bassin de la Bougouriba sur le temps long." 

 

Mr Ives Bambara est chargé d'administrer une base évolutive de données historiques, démographiques, géographiques et médicales mise en relation avec les villages actuels étudiés ( une soixantaine) et les sites d'habitat abandonnés (une centaine) tous géoréférencés. Il utilisait jusqu' à présent le logiciel Mapinfo mais nous avons fait le choix du logiciel Savane de l'IRD depuis décembre 2003, à la suite d'un stage de formation.

 La photo-interprétation des faits d'occupation du sol en 1956, 1974, 1983 et 1998 au 1/50 000 permettra l'étude des dynamiques de colonisation des terres en direction des vallées principales de la Bougouriba et du Mouhoun: habitat et voies de communication nouvelles, avancée des fronts de cultures, accroissement des surfaces cultivées, évolution des formations végétales ripicoles: taux d'occupation de l'espace et calculs des densités humaines, distances moyennes séparant les cours d'eau et les forêts-galeries de l'habitat et les cultures seront des indicateurs pertinents d'évolution du risque sanitaire encouru.

Une brève présentation en diaporama du SIG est consultable à la dernière rubrique du site.

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5 -Les partenaires et collaborations institutionnelles

Partenaires en Europe, extérieurs à l'UR088 de l'IRD:

 -Patrick Baudot, démographe-écologue, Laboratoire Population Environnement, IRD/Université de Provence, Marseille St Charles.

Partenaires au Burkina Faso:

Ce projet implique une collaboration scientifique de:

- l’Institut National des Sciences de la Société (INSS) qui dépend  du Centre National de Recherches Scientifiques et Techniques (CNRST): Mr Evariste Poda, anthropologue  à l’INSS, coordonnera le volet “ anthropologie culturelle ”.

- Université Polytechnique de Bobo Dioulasso: IDR , Institut de Développement Rural.

Encadrement de stagiaires agroforestiers pour l'étude des parcs reliques et des associations
végétales liées aux lieux de cultes.

- Ecole Nationale des Eaux et Forêts de Dindéressso, Bobo Dioulasso.

Encadrement de stagiaires forestiers pour l'étude des parcs reliques des sites abandonnés.

6- Formation

Nous répondons selon nos moyens à la demande d'encadrement de stagiaires de l'Ecole des Eaux et Forêts de Dinderesso. Ainsi Mr Hakiekou FIEDI a soutenu avec brio son rapport de stage (durée quatre mois)  de fin d'étude en vue de l'obtention du diplôme de Contrôleur des Eaux et Forêts Promotion 2001-2003. Thème: "Analyse des systèmes agro-forestiers relictuels sur les sites d'habitat abandonné de la région de Diébougou". Juillet 2003.

Actuellement nous encadrons un stagiaire de l'IDR, Mr Saley Hamidine qui travaille sur les associations végétales liées aux lieux de cultes dans la région de Diébougou ( durée 10 mois).

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7- Bibliographie des auteurs cités dans le texte de présentation

Augé M. 1984. Ordre biologique, ordre social : la maladie forme élémentaire de l'événement. In Le sens du mal. Anthropologie, Histoire, Sociologie de la maladie, dir. M.Augé et C.Herzlich, Archives contemporaines, coll. Ordres sociaux, Paris, p. 35-92

 

Cartry M., 1979. "Du village à la brousse ou le retour de la question. A propos des Gourmantché de Gobnangou (Haute Volta)", in La fonction symbolique ( M. Izard & P. Smith ed.), Gallimard Bib.Sciences Humaines, pp.265-288.

 

Calame-Griaule G., 1965. Ethnologie et langage. La parole chez les Dogon            (1965), Gallimard, Nrf.

 

Capron J., 1973. Communautés villageoises bwa (Mali et Haute-Volta), Paris, Institut d'ethnologie, Mémoire IX, 371 p.

 

Hervouët J.-P., Prost A., 1979. Organisation de l'espace et épidémiologie de         l'onchocercose. In "Maitrise de l'espace agraire et développement en       Afrique tropicale". Mém. Orstom, 89, pp.179-189.

 

Hervouët J.-P., 199O.  Le mythe des vallées dépeuplées par l'onchocercose: mais quelle mouche les a donc piqués ? Cahiers GEOS  n°18, Université Paul Valéry, Montpellier, 35 p.

 

Hilton T.E., 1968. The settlement pattern of the Tumu  District of Northern     Ghana.Bulletin de l'IFAN, 30 (3), pp. 868-883.

 

Hunter J.-M., 1966. River blindness in Nangodi, Northern Ghana. An hypothesis of cyclical advance and retract. Geographical review, 56 (3), pp. 398-426.

 

Izard M., 1985.Gens du Pouvoir, Gens de la Terre. Les institutions politiques de l'ancien royaume du Yatenga (bassin de la Volta Blanche). Ed.Cambridge University Press, Editions de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 594 p.

 

Lahuec J.-P., 1983. Contraintes historiques et onchocercose: une explication des faits de peuplement dans la sous-préfecture de Garango, nord pays bissa, Haute-Volta. In " De l'épidémiologie à la géographie humaine", Trav. Doc. Géo. Trop. CEGET, 48, pp. 253-258.

 

Marchal J.-Y., 1979.  L'onchocercose et les faits de peuplement dans le bassin des Volta. Un objet de controverse. Journal de la société des africanistes, 48 (2), pp. 9-30.

 

Morris K.R.S., 1952. The Ecology of Epidemic Sleeping Sickness.

            2. The Effect of an Epidemic.Bull. Ent. Res.,43, pp.375-396.

 

Paris F., 1983.  Système d'occupation de l'espace et onchocercose. Le foyer de la Bougouriba-Volta Noire (Burkina Faso). In "De l'épidémiologie à la géographie humaine". Travaux et Documents de Géographie Tropicale du CEGET, n°48, pp. 259-269.

 

Paris F., 1992. De l'onchocercose à la géo-onchographie. In "La santé en société: regards et remèdes", coordination C.Blanc-Pamard. Ed.    Orstom, coll. Colloques et Séminaires, pp 59-85.

 

Rémy G., 1968. Les mouvements de population sur la rive gauche de la Volta Rouge (région de Nobéré).Cahiers Orstom, série Sciences humaines, 5 (2), pp.          45-66.

 

Rémy G., 1983. A chacun son onchocercose ? In "De l'épidémiologie à la géographie humaine", Travaux et Documents de Géographie Tropicale du CEGET, 48, pp. 277-300.

 

Rolland A., Ballay G., 1969. L'onchocercose dans le foyer Bissa. Doc.         technique de l'OCCGE, Bobo Dioulasso,n°III/Oncho, 85 p.

 

Roulon-Doko P., 1996. Conception de l'espace et du temps chez les Gbaya de     Centrafrique. Ed.L'Harmattan.Connaissance des hommes.256 p.

 

de Surgy A., 1983. La divination par les huit cordelettes chez les Mwaba-Gurma (Nord Togo).Tome 1: Esquisse de leurs croyances religieuses. Paris, L'Harmattan, 328 p.

 

Waddy B.-B., 1949. Onchocerciasis and blindness in the northern territories           of the Gold Coast. Doc. multigraph., 40 p.

 

Waddy B. B., 1969. Prospects for the Control of Onchocerciasis in Africa . With Spécial Reference to the Volta River Basin.Bulletin OMS, 40, pp. 843-858.

 

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8 - Présentation partielle en diaporama du SIG intitulé: Les vallées interdites

            En construction...

 

 

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